Lorsqu’en présence d’un moteur assez puissant, prenez gare à l’interaction entre l’aimant du capteur et le champ magnétique environnant ; elle peut mener à l’altération des mesures et dans les pires cas, peut conduire à un faux diagnostic. La présence ou l’importance de l’interaction peut s’évaluer en rapprochant le capteur de sa « cible » (sans avoir de contact) et en regardant en temps réel la forme d’onde temporelle ou le spectre FFT.
L’expert saura travailler aussi bien en échelle linéaire qu’en échelle logarithmique. Le linéaire présente un portrait analytique plus compréhensible (particulièrement pour le débutant), mais l’échelle log prendra toute son importance dans le diagnostic avancé ou pour les cas d’éloignement entre la sonde et la source.
Gardez toujours en tête que le spectre FFT est une réduction de l’information contenue dans la forme d’onde temporelle, et que la forme d’onde elle-même ne contient PAS obligatoirement toute l’information pertinente ou désirable, selon ses paramètres (sélectionnés par l’usager) relativement au phénomène mesuré.
Nettoyez régulièrement les aimants et assurez vous de la propreté de la cible (endroit du montage). Ne laissez pas non plus le câble ballotter au vent. N’imposez pas au câble de tension, et si vous devez absolument le faire, assurez vous que cette tension soit uniforme / constante.
L’aimant ne sert pas toujours : des matériaux non-magnétiques peuvent demander l’utilisation d’un contact direct entre capteur et point de mesure. Il est important de se rappeler qu’il est préférable d’éviter de d’exposer ses mains à de fortes amplitudes de vibration qui peuvent à la longue susciter des problèmes. Le port d’un gant ou d’un gant de caoutchouc réduira cette incidence dans la plupart des cas. C’est le HAV ou Hand-Arm Vibration.
Certains systèmes offrent l’interpolation et d’autres pas. Dans le cas d’une fenêtre Hanning (le choix habituel), l’erreur d’amplitude sur une crête dans le spectre peut atteindre 16%. Selon la position de la crête par rapport aux « lignes » du spectre FFT, l’erreur se situera donc entre 0% (une crête parfaitement centrée par rapport à la ligne) et 16% (une crête à cheval sur le seuil de deux lignes avoisinantes). Le spectre FFT interpolé élimine cette erreur. (Voir le conseil suivant)
Un moteur asynchrone (le plus commun) n’est presque JAMAIS véritablement à RPM fixe puisque le glissement dépend de la charge et la charge n’est que rarement parfaitement fixe. Donc, les crêtes se promènent sur une « toile de fond » fixe (les paramètres du spectre FFT). En balayant ainsi une petite plage de fréquence (selon les variations), la crête se déplace par rapport aux lignes et une amplitude CONSTANTE se PERCEVRA comme altérée : la crête change de place, et selon sa position en fréquence, l’erreur sera plus ou moins importante. Donc, d’une collecte à l’autre, les amplitudes montent et/ou descendent au selon la charge. L’interpolation (si elle est présente et qu’elle est utilisée) règle la question.
Dans le cas d’un test d’acceptation, hormis la calibration qui prend alors une importance particulière, les considérations énoncées dans les deux conseils précédents revêtent une importance toute particulière. L’interpolation pourra nous débarrasser de l’erreur de la fenêtre Hanning. Sinon, il faudra utiliser une fenêtre Flat Top pour s’assurer que les amplitudes (qui autrement seraient souvent altérées à la baisse) ne dépassent pas les seuils tolérés.
© 2008 by François Gagnon